La réponse courte
- Un bon logiciel de facturation fait d’abord trois choses sans faute : une numérotation continue qu’on ne peut pas casser, toutes les mentions obligatoires d’une micro-entreprise, et des corrections par avoir plutôt que par suppression.
- Depuis le 1er septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques par une plateforme agréée ; à partir du 1er septembre 2027, vos factures aux entreprises françaises devront être émises par ce canal. Un outil de facturation qui n’est ni plateforme agréée ni raccordé à l’une d’elles ne suffira plus pour ces factures-là.
- Vérifiez qu’il vous aide à tenir votre livre des recettes et que vous pouvez exporter vos factures et données à tout moment, pendant les dix ans de conservation.
- Le logiciel de facturation n’a pas à être certifié, sauf s’il sert de caisse pour encaisser des particuliers et que vous êtes redevable de la TVA.
- Comparez le prix réel sur un an, limites de l’offre gratuite comprises, et testez un vrai cycle devis → facture → paiement avant de vous engager.
Ce que la loi exige de vos factures, pas de votre logiciel
Aucune loi n’impose à un micro-entrepreneur d’utiliser un logiciel de facturation. Une facture faite dans un traitement de texte est valable si elle respecte les règles. Ce que la loi encadre, ce sont les factures : leurs mentions (article L441-9 du Code de commerce, article 242 nonies A de l’annexe II au CGI), leur numérotation continue, leur conservation pendant dix ans. Et, depuis la réforme, leur format et leur circuit entre entreprises.
Le logiciel sert donc à rendre ces règles automatiques. La vraie question n’est pas « lequel est le meilleur ? », mais « lequel m’empêche de faire une erreur, et me laisse partir avec mes données ? ». Si vous débutez et n’avez que quelques factures par mois, un modèle de facture bien tenu peut suffire jusqu’à l’été 2027. Au-delà, les critères suivants font la différence.
Critère 1 : une numérotation qu’on ne peut pas casser
Vos factures doivent suivre une séquence chronologique et continue, sans trou ni doublon. C’est la règle la plus souvent enfreinte avec un tableur, parce qu’on copie le fichier du mois précédent.
À vérifier :
- le numéro est attribué automatiquement à la validation, pas saisi à la main ;
- une facture validée ne peut plus être supprimée ni modifiée : on la corrige par un avoir qui la référence ;
- les devis ont leur propre série, distincte des factures ;
- les factures d’acompte prennent un numéro dans la même suite que les autres factures (voir notre guide de la facture d’acompte).
Un outil qui vous laisse effacer une facture « pour recommencer » est pratique le premier jour et dangereux lors d’un contrôle.
Critère 2 : les mentions d’une micro-entreprise, pré-remplies
Un bon outil vous fait saisir vos informations une seule fois et les place sur chaque document : nom et prénom précédés ou suivis de « EI », SIREN, adresse, et la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » tant que vous êtes en franchise. Il doit aussi gérer :
- l’identité et l’adresse du client, et l’adresse de facturation si elle diffère ;
- la date d’échéance, le taux des pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour les clients professionnels ;
- l’assurance professionnelle quand elle est obligatoire pour votre activité (artisans du bâtiment, par exemple) ;
- le passage à la TVA le jour où vous dépassez les seuils, sans refaire vos modèles.
Et, pour 2027, les quatre nouvelles mentions de la réforme : SIREN du client, adresse de livraison si elle diffère, nature des opérations (biens, services ou les deux), et l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits le cas échéant. La liste complète est dans notre article sur les mentions obligatoires d’une facture.
Critère 3 : la facture électronique, sans illusions
C’est le critère qui trie le plus. Le calendrier fixé par l’administration :
| Obligation | Micro-entreprises, TPE, PME |
|---|---|
| Recevoir des factures électroniques | Depuis le 1er septembre 2026 |
| Émettre des factures électroniques aux entreprises | À partir du 1er septembre 2027 |
| Transmettre les données des ventes aux particuliers et à l’étranger (e-reporting) | À partir du 1er septembre 2027 |
Recevoir des factures électroniques
Micro-entreprises, TPE, PMEDepuis le 1er septembre 2026
Émettre des factures électroniques aux entreprises
Micro-entreprises, TPE, PMEÀ partir du 1er septembre 2027
Transmettre les données des ventes aux particuliers et à l’étranger (e-reporting)
Micro-entreprises, TPE, PMEÀ partir du 1er septembre 2027
Les factures électroniques circulent uniquement par des plateformes agréées, immatriculées par l’administration pour trois ans renouvelables ; la liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr. Un logiciel de facturation peut être lui-même plateforme agréée, ou une solution compatible raccordée à une plateforme. Sinon, il prépare des documents, mais ne peut pas les transmettre sur le réseau de la réforme.
Trois questions à poser à l’éditeur :
- Êtes-vous une plateforme agréée ? Si oui, vérifiez-le sur la liste d’impots.gouv.fr, pas sur son site.
- Sinon, à quelle plateforme agréée êtes-vous raccordé, et le raccordement est-il inclus dans le prix ?
- Gérez-vous l’e-reporting de vos ventes aux particuliers, pas seulement les factures entre entreprises ?
Le détail des plateformes et de l’annuaire est dans notre guide plateforme agréée et annuaire, et le calendrier complet dans celui sur la facture électronique obligatoire.
Critère 4 : le livre des recettes et la conservation
Tout micro-entrepreneur doit tenir un livre des recettes chronologique : montant et origine de chaque recette, distinction entre les espèces et les autres modes de paiement, référence des pièces justificatives. Si vous vendez des marchandises ou fournissez un logement, il faut aussi un registre des achats. Ces registres peuvent être tenus sur informatique, s’ils sont identifiés et datés au moment de leur établissement par des moyens offrant toute garantie de preuve, et se conservent dix ans.
Un logiciel utile vous aide ici : quand vous marquez une facture comme payée, la date, le montant et le mode de paiement sont notés, et vous pouvez exporter la liste. Demandez-le explicitement, car tous ne le font pas.
Critère 5 : pouvoir partir avec ses données
Dix ans de conservation, c’est plus long que la durée de vie de beaucoup d’applications. Avant de choisir :
- pouvez-vous télécharger toutes vos factures en PDF d’un coup ?
- pouvez-vous exporter vos données (clients, factures, paiements) dans un format ouvert, CSV ou Excel ?
- que se passe-t-il si vous arrêtez l’abonnement : accès en lecture, délai pour exporter, suppression ?
- où sont hébergées les données, et l’éditeur explique-t-il ce qu’il en fait ?
Critère 6 : caisse ou pas caisse ?
Les logiciels de facturation n’ont pas besoin de certification. L’exception concerne les logiciels de caisse : un assujetti à la TVA qui enregistre les paiements de clients particuliers dans un logiciel doit utiliser un système sécurisé et certifié (article 286 du CGI). Un logiciel de facturation doté d’une fonction de caisse entre dans ce cadre. En revanche, le BOFiP précise que les assujettis en franchise en base (article 293 B) ne sont pas soumis à cette obligation. Si vous tenez un commerce, que vous êtes redevable de la TVA et que vous encaissez des particuliers dans votre outil, posez la question de la certification à l’éditeur.
Critère 7 : le quotidien, du devis au paiement
Les critères réglementaires éliminent ; le quotidien décide. Testez un cycle complet sur une vraie prestation :
- 1Créer un devisAvec deux lignes, une remise et un acompte. Combien de temps faut-il ?
- 2Le transformer en factureSans ressaisir les lignes, avec un numéro attribué automatiquement.
- 3L’envoyerPar e-mail, par lien ou sur WhatsApp, depuis le téléphone si c’est là que vous travaillez.
- 4Enregistrer le paiementDate, montant, mode de règlement. La facture passe-t-elle en « payée » ?
- 5Corriger une erreurÉmettre un avoir sur une facture validée. L’outil vous y oblige-t-il ?
- 6Tout exporterPDF des factures et liste des encaissements. Le résultat est-il lisible ?
Regardez aussi les relances (l’outil signale-t-il les factures en retard ?), la gestion des devises si vous avez des clients à l’étranger, et l’usage sur mobile si vous facturez depuis un chantier ou entre deux rendez-vous.
Critère 8 : le prix réel
Calculez le coût sur douze mois, pas le prix d’appel : offre gratuite limitée à quelques factures, options payantes (relances, multi-utilisateurs, raccordement à une plateforme agréée), prix après la période promotionnelle. Selon la DGFiP, au 1er août 2026, plus d’une dizaine des 150 plateformes agréées proposaient une offre gratuite ou sans surcoût pour les besoins essentiels des plus petites structures : pour la partie facture électronique, comparez aussi ces offres.
- Numérotation automatique et continue, sans suppression possible
- Correction par avoir référencé
- Mentions micro-entreprise pré-remplies (EI, SIREN, art. 293 B)
- Pénalités de retard et indemnité de 40 € pour les clients pros
- Plateforme agréée, ou raccordement à une plateforme de la liste officielle
- E-reporting des ventes aux particuliers prévu pour 2027
- Suivi des paiements et export des encaissements
- Export complet PDF et CSV, conditions de sortie claires
- Devis, acomptes et relances sans ressaisie
- Coût total sur 12 mois, options comprises
Et Binome360, dans tout ça ?
Soyons précis sur ce que fait Binome360, et sur ce qu’il ne fait pas.
Ce qu’il fait : vous créez un devis ou une facture en écrivant ou en dictant une phrase. La numérotation est automatique pour chaque type de document, vos coordonnées et mentions légales sont en pied de page, le taux de TVA est paramétrable et vous choisissez parmi quatre modèles à vos couleurs. Le client reçoit un lien pour lire le document, le télécharger en PDF et accepter ou refuser un devis en ligne ; un devis accepté devient une facture en un geste. Vous marquez une facture comme payée, les factures en retard sont signalées et un message de relance poli vous est proposé.
Ce qu’il ne fait pas : Binome360 n’est pas une plateforme agréée et n’est raccordé à aucune. Il ne transmet pas de factures électroniques, ne fait pas d’e-reporting, n’encaisse pas de paiements et n’est pas un logiciel de caisse. Il convient à vos factures aux particuliers et, jusqu’au 1er septembre 2027, à vos factures aux professionnels ; pour ces dernières, il faudra ensuite une plateforme agréée.
Facture pour Mme Diallo, cours de guitare, 4 séances à 35 €, payée par virement
C’est préparé : facture 2026-0064 pour Mme Diallo, 4 × 35 € = 140,00 €, TVA non applicable (art. 293 B du CGI), marquée payée par virement aujourd’hui. Je l’enregistre ?
Votre binôme prépare la facture ; rien n’est enregistré sans votre accord.
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Questions fréquentes
Un auto-entrepreneur est-il obligé d’avoir un logiciel de facturation ?
Non. La loi impose des règles aux factures, pas un outil. Mais à partir du 1er septembre 2027, vos factures aux entreprises françaises devront être émises au format électronique par une plateforme agréée, ce qui revient en pratique à utiliser un service raccordé à la réforme pour ces factures-là. Et depuis le 1er septembre 2026, vous devez déjà disposer d’une plateforme pour recevoir.
Un logiciel de facturation gratuit est-il fiable ?
Il peut l’être, s’il coche les critères éliminatoires : numérotation continue, avoirs, mentions, export. Regardez surtout ce qui est limité (nombre de factures, clients, export) et ce que devient votre historique si l’offre change. Pour la facture électronique, plusieurs plateformes agréées proposent une offre gratuite pour les besoins de base des petites structures.
Excel ou Word suffisent-ils pour facturer ?
Pour quelques factures par mois à des particuliers, oui, à condition de tenir la numérotation à la main sans erreur et de conserver chaque facture. Le risque vient des copies de fichiers et des numéros en double. Pour les factures aux entreprises, ce ne sera plus suffisant à partir de septembre 2027.
Mon logiciel doit-il être certifié NF 525 ?
Seulement s’il sert de logiciel de caisse, que vous êtes redevable de la TVA et que vous enregistrez les paiements de particuliers. Un micro-entrepreneur en franchise en base n’est pas concerné, et un simple logiciel de facturation sans fonction de caisse non plus.
En résumé
Choisissez un logiciel de facturation sur ce qu’il vous empêche de mal faire (numérotation, mentions, avoirs), sur sa place dans la réforme de la facture électronique et sur votre liberté de partir avec vos données. Le confort vient ensuite. Première action : notez vos trois dernières factures professionnelles et demandez à chaque outil envisagé à quelle plateforme agréée il est raccordé.
Sources
- impots.gouv.fr, « Facturation électronique et plateformes agréées » (définition, immatriculation, liste officielle) : impots.gouv.fr/facturation-electronique-et-plateformes-agreees.
- DGFiP, « Tout savoir sur la facturation électronique » (150 plateformes agréées et offres gratuites au 1er août 2026), août 2026 : PDF sur impots.gouv.fr.
- Service-Public Entreprendre, « Mentions obligatoires sur une facture » (dont les nouvelles mentions de 2026-2027) : entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31808.
- Service-Public Entreprendre, « Registres obligatoires du micro-entrepreneur » (livre des recettes, registre des achats, tenue informatique, dix ans) : entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36018.
- BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-10-30, § 25 et 40 (logiciels de caisse sécurisés, logiciel de facturation doté d’une fonction de caisse, exclusion de la franchise en base), 1er octobre 2025 : bofip.impots.gouv.fr.
- Code de commerce, article L441-9 (mentions des factures entre professionnels) : legifrance.gouv.fr.
- Code général des impôts, annexe II, article 242 nonies A (mentions obligatoires) : legifrance.gouv.fr.
Également disponible en English.