La réponse courte
- Une bonne application de rappels réussit cinq tests : saisie rapide, répétitions souples, le bon déclencheur (heure, lieu ou les deux), partage si d’autres personnes sont concernées, et notifications qui arrivent vraiment.
- Commencez par ce que votre téléphone sait déjà faire. Rappels d’Apple gère l’heure, le lieu et les listes partagées ; Google Tasks a repris les rappels de l’Assistant Google en 2023, mais ne propose plus de rappels liés à un lieu.
- Sur Android, l’optimisation de la batterie est une cause fréquente de rappel en retard ou muet. Vérifiez les réglages de batterie et « Alarmes et rappels » dès le premier jour.
- Rédigez des rappels qui disent quoi faire, pas seulement à quoi penser : la recherche montre qu’un rappel qui ne cite que le contexte peut ne servir à rien.
- Testez l’application une semaine avec de vrais rappels, dont un la nuit, écran verrouillé, avant d’y transférer tout le reste.
Ce qu’on attend vraiment d’un rappel
Les psychologues parlent de mémoire prospective : se souvenir de faire quelque chose plus tard. Sortir la poubelle jaune le mardi soir, appeler le cabinet médical à l’ouverture, prendre un comprimé au petit déjeuner. Elle échoue d’une manière bien précise : on n’oublie pas que la tâche existe, on l’oublie au moment où il faudrait la faire.
Les chercheurs distinguent deux familles d’intentions. Celles fondées sur le temps sont liées à une heure ou une date (« payer le loyer le 1er »). Celles fondées sur un événement sont liées à une situation (« en passant devant la pharmacie, récupérer l’ordonnance »). L’article de Gilles Einstein et Mark McDaniel sur le vieillissement et la mémoire prospective (1990) a contribué à fixer la méthode de laboratoire encore utilisée pour étudier la seconde famille, et il rapportait que les aides externes amélioraient les performances. Une bonne application doit couvrir les deux familles : c’est tout l’enjeu des déclencheurs décrits plus bas.
Pour comprendre pourquoi confier ses intentions à un outil libère l’esprit, notre guide du second cerveau résume les travaux sur la décharge cognitive. Ici, on s’intéresse au choix de l’outil.
Trois résultats de recherche utiles
1. Chaque geste en trop fait perdre des rappels. Dans deux expériences préenregistrées publiées en 2024, Gavin Chiu et Sam Gilbert (University College London) ont rendu la création d’un rappel plus ou moins coûteuse physiquement. Quand elle demandait plus d’effort, les participants créaient moins de rappels, quelle que soit la quantité d’informations à retenir. La possibilité de créer des rappels compensait une forte charge de mémoire quand c’était facile ; cet avantage s’atténuait quand c’était pénible. Ce sont des tâches en ligne, pas la vraie vie, mais la leçon tient : si ajouter un rappel demande six écrans, vous le sauterez pour tout ce qui vous paraît « facile à retenir ».
2. Les mots comptent. Melissa Guynn, Mark McDaniel et Gilles Einstein (1998) ont mené quatre expériences sur des rappels donnés pendant l’attente. Les rappels efficaces mentionnaient à la fois le contexte et l’action. Ceux qui ne citaient que le contexte n’amélioraient pas les résultats par rapport à l’absence de rappel. Autrement dit, « Dentiste » vaut moins que « Appeler le dentiste pour déplacer le rendez-vous de jeudi ».
3. Pour les médicaments, les rappels aident, avec des limites. Selon le rapport de l’Organisation mondiale de la santé de 2003 sur les traitements au long cours, l’observance des patients atteints de maladies chroniques n’atteint en moyenne que 50 % dans les pays développés. L’oubli n’est qu’une cause parmi d’autres (coût, effets indésirables, doutes sur le traitement), mais c’est celle sur laquelle un rappel peut agir. Une méta-analyse de Jay Thakkar et ses collègues, publiée en 2016 dans JAMA Internal Medicine, a regroupé 16 essais randomisés (2 742 patients) : les rappels par SMS multipliaient environ par deux les chances d’une bonne observance (rapport des cotes de 2,11). Les auteurs appellent à la prudence, car les essais étaient courts (12 semaines en médiane) et l’observance souvent déclarée par les patients. Pour toute question sur le traitement lui-même, voyez votre médecin ou votre pharmacien.
Les cinq critères qui comptent
1. La vitesse de saisie. Chronométrez-vous : « Renouveler l’assurance auto, 15 mars, 9 h, tous les ans ». En dessous de dix secondes, c’est bien. La saisie en langage naturel (« un vendredi sur deux à 18 h ») et la dictée vocale font gagner du temps. Si l’application vous fait tourner des molettes de dates, vous l’utiliserez moins.
2. Les répétitions. Tous les jours et toutes les semaines, tout le monde sait faire. Vérifiez les cas pénibles : toutes les deux semaines, le dernier jour ouvré du mois, le 15 de chaque trimestre, une fois par an. Regardez aussi ce qui se passe quand vous cochez un rappel récurrent en retard : le suivant part-il de la date prévue ou du jour où vous l’avez coché ?
3. Le bon déclencheur. L’heure est le déclencheur de base. Le lieu (« quand je quitte le bureau ») est pratique pour les courses, mais il dépend des autorisations de localisation et n’est pas proposé partout. Décidez si vous en avez besoin avant de choisir.
4. Le partage. Un foyer vit de rappels partagés : fiche d’inscription à la cantine, entretien de la chaudière, rendez-vous d’un parent âgé. Vérifiez que chacun peut ajouter, modifier et cocher depuis son téléphone, et que tout le monde est prévenu.
5. Des notifications qui arrivent. C’est le critère que les comparatifs oublient, et celui qui compte le plus.
Pourquoi un rappel ne sonne pas
Sur Android. Depuis Android 6.0, le mode Doze économise la batterie quand le téléphone est débranché, immobile et écran éteint. D’après la documentation officielle pour les développeurs Android, Doze reporte les alarmes ordinaires à des « fenêtres de maintenance », et même les alarmes autorisées pendant Doze ne peuvent pas sonner plus d’une fois toutes les neuf minutes par application. Le mode App Standby bride de son côté les applications que vous n’avez pas ouvertes depuis un moment. Depuis Android 14, les applications nouvellement installées n’obtiennent plus par défaut le droit de programmer des alarmes exactes, sauf les applications d’agenda et de réveil. Ce droit se règle dans les accès spéciaux des applications, rubrique « Alarmes et rappels ».
Plusieurs fabricants ajoutent leur propre gestion de batterie, plus agressive. Le site communautaire Don’t kill my app! (dontkillmyapp.com), tenu par les développeurs de l’application Sleep as Android, documente marque par marque comment ces réglages coupent les applications en arrière-plan, avec les manipulations pour y remédier. Lors de notre vérification, son classement des pires élèves était mené par Huawei, Xiaomi, OnePlus et Samsung, tandis qu’Android sans surcouche obtenait la meilleure note.
- 1Autoriser les notificationsParamètres > Applications > [l’application] > Notifications : activées, y compris la catégorie des rappels.
- 2Autoriser les alarmes exactesAccès spéciaux des applications > Alarmes et rappels : activé, si l’application le demande.
- 3Lever les limites de batterie pour cette seule applicationUtilisation de la batterie > Non restreinte (le libellé varie selon la marque).
- 4Vérifier les réglages propres à votre marqueCherchez votre modèle sur dontkillmyapp.com.
- 5Tester écran verrouilléProgrammez un rappel dans 30 minutes, verrouillez, posez le téléphone.
Sur iPhone. Le coupable habituel est un mode de concentration (Ne pas déranger, Sommeil, Travail) qui fait taire l’application. Dans Réglages > Concentration, vous pouvez autoriser les notifications de certaines applications, et laisser passer les notifications urgentes (Time Sensitive). Les web apps ajoutées à l’écran d’accueil peuvent envoyer des notifications depuis iOS 16.4 ; elles suivent les mêmes règles de concentration que les autres applications.
Ce que votre téléphone fait déjà gratuitement
| Rappels d’Apple (iPhone, iPad, Mac) | Google Tasks (Android, web, iPhone) | |
|---|---|---|
| Date et heure | Oui | Oui |
| Répétition | Oui | Tous les jours, semaines, mois ou ans, avec un intervalle |
| Lieu | Oui, en arrivant ou en partant | Plus disponible |
| Autre déclencheur | Quand vous écrivez à une personne donnée | Aucun |
| Listes partagées | Oui, avec des utilisateurs iCloud ; attribution avec @ | Non décrit dans les pages d’aide consultées |
| Voix | Siri | Assistant Google (tâches) |
Date et heure
Rappels d’Apple (iPhone, iPad, Mac)Oui
Google Tasks (Android, web, iPhone)Oui
Répétition
Rappels d’Apple (iPhone, iPad, Mac)Oui
Google Tasks (Android, web, iPhone)Tous les jours, semaines, mois ou ans, avec un intervalle
Lieu
Rappels d’Apple (iPhone, iPad, Mac)Oui, en arrivant ou en partant
Google Tasks (Android, web, iPhone)Plus disponible
Autre déclencheur
Rappels d’Apple (iPhone, iPad, Mac)Quand vous écrivez à une personne donnée
Google Tasks (Android, web, iPhone)Aucun
Listes partagées
Rappels d’Apple (iPhone, iPad, Mac)Oui, avec des utilisateurs iCloud ; attribution avec @
Google Tasks (Android, web, iPhone)Non décrit dans les pages d’aide consultées
Voix
Rappels d’Apple (iPhone, iPad, Mac)Siri
Google Tasks (Android, web, iPhone)Assistant Google (tâches)
Deux changements à connaître. En 2023, Google a transféré les rappels de l’Assistant et de l’Agenda vers Google Tasks. Les rappels de Google Keep ont suivi au second semestre 2025, et l’aide de Google indique qu’on ne peut plus créer de rappels liés à un lieu. Si vous comptiez sur « rappelle-moi quand j’arrive au supermarché » sous Android, il vous faudra un autre outil.
Les applications intégrées suffisent à beaucoup de gens. Une application dédiée se justifie si vous voulez une saisie plus rapide, des répétitions plus fines, un partage entre iPhone et Android dans le même foyer, ou des rappels rangés à côté du reste de votre vie pratique.
Où se situe Binome360 (et ses limites)
Binome360 est notre application : voici précisément ce qu’elle fait pour les rappels. Vous écrivez ou dictez une phrase (« rappelle-moi le premier lundi de chaque mois à 8 h de sortir le verre ») et l’assistant prépare un rappel ponctuel ou récurrent ; rien n’est enregistré sans votre confirmation. Vous cochez vos rappels ou les reportez. Dans un assistant partagé (couple, famille, petite équipe), les rappels sont communs et chacun ajoute depuis son téléphone. Les notifications arrivent sur le web et dans l’application installée : sur Android via l’application, sur iPhone via la web app installée depuis Safari.
Rappelle-moi le 15 de chaque trimestre de déclarer la TVA, et demain à 7 h 30 de donner l’autorisation de sortie de Fatou à l’école
C’est préparé : un rappel récurrent « Déclarer la TVA » le 15, tous les 3 mois, à 9 h, et un rappel « Donner l’autorisation de sortie de Fatou » demain à 7 h 30. Je les enregistre ?
Cochez-le une fois fait, ou reportez-le.
Essayer Binome360 gratuitementQuand choisir autre chose : si vous avez besoin de rappels liés à un lieu, Binome360 ne les propose pas ; Rappels d’Apple, oui. Si une simple liste gratuite sur un seul iPhone vous suffit, l’application intégrée fera l’affaire. Binome360 a du sens quand les rappels vivent à côté de l’argent, des tâches du foyer ou de l’épargne, dans la même conversation. Après 7 jours d’essai gratuit, l’abonnement coûte 3,99 $ par mois, tous les modules compris.
Tester une application en une semaine
- Ajouter 10 vrais rappels d’affilée et chronométrer le plus lent
- Créer une répétition difficile (toutes les 2 semaines, ou le 15 de chaque trimestre)
- En programmer un à 2 h du matin, écran verrouillé, sans toucher au téléphone
- Partager un rappel et le faire cocher par quelqu’un d’autre
- En reporter un et vérifier qu’il revient
- Refaire un test avec votre mode de concentration ou l’économiseur de batterie
Rédigez chaque rappel de test avec l’action dedans (« Appeler le secrétariat du Dr Mbaye pour déplacer le rendez-vous »), pas un simple mot-clé. Une fois l’application validée, commencez par y mettre vos échéances administratives : factures, renouvellements, anniversaires. Notre guide pour ne plus oublier ses factures propose un calendrier annuel prêt à copier, et notre méthode pour faire une to-do list aide à distinguer ce qui va sur une liste et ce qui mérite un rappel.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure application de rappels ?
Il n’y en a pas une pour tout le monde. La bonne est celle où vous ajoutez un rappel en quelques secondes et dont les notifications vous parviennent de façon fiable sur votre téléphone. Beaucoup d’utilisateurs d’iPhone s’en tiennent à Rappels d’Apple, beaucoup d’utilisateurs d’Android commencent par Google Tasks. Faites le test d’une semaine avant de vous engager.
Pourquoi mes rappels ne sonnent-ils pas sur Android ?
Souvent à cause de l’optimisation de la batterie : Doze, App Standby ou le gestionnaire de batterie du fabricant retardent ou bloquent l’application. Autorisez les notifications, activez « Alarmes et rappels » si l’application le demande, passez sa batterie en « non restreinte » et cherchez votre marque sur dontkillmyapp.com.
L’Assistant Google peut-il encore créer des rappels ?
Oui, mais ce sont désormais des tâches Google Tasks, depuis la migration de 2023. L’aide de Google précise qu’on ne peut plus créer de tâche liée à un lieu.
Les rappels géolocalisés sont-ils fiables ?
Ils dépendent des autorisations de localisation et des réglages de batterie, donc ils sont moins prévisibles que les rappels à heure fixe. Pour une chose importante, ajoutez un rappel horaire en secours.
En résumé
Choisissez une application de rappels sur cinq points : saisie rapide, répétitions, déclencheurs, partage et notifications fiables. Commencez par l’application de votre téléphone et écrivez l’action dans chaque rappel. Première action : ce soir, programmez un rappel test à 2 h du matin, verrouillez le téléphone et vérifiez demain qu’il a sonné.
Sources
- Android Developers, « Optimize for Doze and App Standby » : developer.android.com.
- Android Developers, « Schedule exact alarms are denied by default » (Android 14) : developer.android.com.
- Urban Android, « Don’t kill my app! » : dontkillmyapp.com.
- Google, Aide Pixel, « Keep Adaptive Battery & battery optimization on » : support.google.com.
- Assistance Apple, « Use Reminders on your iPhone or iPad » : support.apple.com ; « Partager des listes et collaborer dans Rappels sur l’iPhone » : support.apple.com ; « Autoriser ou désactiver les notifications pour un mode de concentration » : support.apple.com.
- WebKit, « Web Push for Web Apps on iOS and iPadOS », 2023 : webkit.org.
- Google Workspace Updates, « Google Calendar and Assistant Reminders will migrate to Google Tasks soon », février 2023 : workspaceupdates.googleblog.com.
- Aide Google Tasks, « Learn about Google Keep reminders in Google Tasks » : support.google.com ; « Manage repeating tasks in Google Tasks & Google Calendar » : support.google.com.
- Aide Assistant Google, « Set & manage Google Tasks with Google Assistant » : support.google.com.
- Gilles O. Einstein et Mark A. McDaniel, « Normal aging and prospective memory », Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 16(4), 717–726, 1990 : doi.org/10.1037/0278-7393.16.4.717.
- Melissa J. Guynn, Mark A. McDaniel et Gilles O. Einstein, « Prospective memory: When reminders fail », Memory & Cognition, 26(2), 287–298, 1998 : doi.org/10.3758/BF03201140.
- Gavin Chiu et Sam J. Gilbert, « Influence of the physical effort of reminder-setting on strategic offloading of delayed intentions », Quarterly Journal of Experimental Psychology, 2024 : doi.org/10.1177/17470218231199977.
- Organisation mondiale de la santé, Adherence to Long-Term Therapies: Evidence for Action, 2003 : paho.org (PDF).
- Jay Thakkar et al., « Mobile Telephone Text Messaging for Medication Adherence in Chronic Disease: A Meta-analysis », JAMA Internal Medicine, 176(3), 340–349, 2016 : jamanetwork.com.
Également disponible en English.